Le dirigeant ou l’art d’être fragile

l'art d'être fragileJe reçois ce jour une invitation pour une soirée d’une association Réseau Entreprendre. Le thème est « L’entrepreneur ou l’art d’être agile ». Un premier regard trop rapide sur l’invitation m’avait faussement fait lire « L’entrepreneur ou l’art d’être fragile » ! Cette lecture déviante est malgré tout pour moi source d’inspiration.

Les créateurs d’entreprise ont la capacité mentale de vivre et d’investir toute leur énergie et souvent toutes leurs économies dans un projet d’entreprise, malgré la fragilité du commencement. Ce n’est pas un goût particulier pour le risque. C’est une aptitude à avancer malgré le risque. Parce que leurs moteurs sont profonds : la volonté de voir leur idée se réaliser concrètement ; le besoin d’autonomie, de faire à sa façon ; et enfin le désir de se réaliser professionnellement, personnellement et socialement.

Mais l’art d’être fragile c’est peut-être aussi pour tout dirigeant l’art de se considérer fragile. Combien d’entreprises vont dans le mur à cause de leurs certitudes ? : certitude que confère la puissance sur son marché, certitude concernant les barrières à l’entrée pour de nouveaux challengers, certitude que les raisons historiques du succès sont les ingrédients ad hoc pour les réussites futures.

Au pire il s’agit de certitudes. Le plus souvent, il s’agit juste d’inconscience. Inconscience des changements de l’environnement, des habitudes de consommation, des révolutions technologiques en cours.

Trop d’entreprises sont concentrées exclusivement sur l’atteinte de leurs objectifs stratégiques. Trop peu travaillent en parallèle sur les risques pour mieux les prévenir et y découvrir aussi des opportunités. Le dirigeant en premier doit développer cette posture de fragilité.

Alors oui, il y a une belle soirée à organiser sur « L’entrepreneur ou l’art d’être fragile ». Qui s’y colle ?

Bruno Tesson

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