Bien-être au travail, pour qui ? pour quoi ?

 

Qualité de vie au travail, bien-être au travail et même bonheur au travail…

C’est bien évidemment réjouissant de voir ces préoccupations se renforcer au sein des entreprises. Et la créativité de certaines d’entre elles en la matière est sans fin.

Mais, alors que notre époque cultive comme jamais ces aspirations, il y a de quoi être interpellé par la recrudescence en parallèle des burn-out. Et les entreprises les plus audacieuses en termes de qualité de vie au travail n’en sont pas épargnées.

Pourquoi ce paradoxe ?

Deux champs doivent être explorés :

1- Dans quel but premier les entreprises se préoccupent-elles du bonheur au travail ?

S’agit-il d’accroitre leur attractivité pour les meilleurs profils ? s’agit-il de fidéliser leurs collaborateurs ? S’agit-il d’accroître leur performance, partant du principe évident qu’un salarié heureux au travail sera plus investi ?

Ces raisons sont compréhensibles et respectables. Mais si elles sont les premières motivations, cela s’apparente à une instrumentalisation des salariés au bénéfice de la performance et des résultats.  Et tôt ou tard ceux-ci le ressentent. C’est toute la démarche qu’ils risquent alors de discréditer. Conséquences : perte d’adhésion, rejet de l’entreprise, mise en rupture personnelle (et pour certains, burn-out).

Et si la préoccupation du bien-être au travail trouvait sa première motivation dans le fait que les salariés le valent bien, tout simplement ?

Alors oui, l’accroissement de la performance peut en être une résultante, un juste retour de pratiques vertueuses. Pas l’objectif.

2- De quelle manière s’y prennent les entreprises pour renforcer le bien-être au travail ?

Les méthodes top-down sont dans ce domaine dangereuses et portent en elles le risque de néopaternalisme et de l’intrusion dans la vie personnelle des salariés. « Nous avons réfléchi…voici ce qui est bon pour vous ! »

Non, pas plus qu’on ne peut pas faire le bonheur des gens, les entreprises ne peuvent « faire » le bonheur des salariés.

Oui les salariés aspirent au bien-être au travail. Oui ils aspirent au meilleur équilibre vie pro/vie perso. Non, ils ne veulent pas qu’on leur dise comment faire. Ils aspirent à définir collectivement et individuellement ce qui leur semble bon pour eux. Et attendent que la direction de l’entreprise les aide à mettre en œuvre leurs aspirations.

Bien-être au travail, bonheur au travail, care management. Tout cela est en soi un magnifique signe d’évolution de notre société.

A une condition : que ce soit des pratiques managériales inspirées d’abord par le respect des personnes et pas seulement tournées vers la recherche de plus d’efficacité. Dans ce cas, l’effet recherché risque de conduire à bien des désillusions.